Depuis un an et la sortie d’Avengers, on en entend parler: le film JLA de Nolan et Snyder.
Mais les conditions sont-elles réunis pour réaliser un bon film?

1. Les adaptations du DC-verse.
Aujourd’hui on ne compte que 4 héros susceptible d’intégrer la JLA qui ont été adapté. Le Dark-Night de Nolan, le Superman de Snyder, le Green Lantern de Campbell et enfin le Arrow de la série.
Seulement 4 héros… Cela sera-t-il suffisant pour faire une JLA digne de ce nom? Grand Dieu oh que non, il faudrait au minimum rajouter Flash, Wonder Woman et Aquaman. Ainsi que cyborg ou Martian Manhunter. Pour l’instant aucun de ces projets n’est concret.
De plus on parle de refaire un batman et un green lantern pour créer un univers plus cohérent…

2. La cohérence de l’univers.
Le succès du Dark Knight vient peut-être de son univers ultra-réaliste qui l’inscrit plus dans le film policier que réellement dans le film de super-héros.
Mais cela pose le problème de la cohérence, comment intégrer le batman de Nolan dans un univers fantastique SF. Nolan qui s’est attaché à ne mettre aucune touche de fantastique ou de SF dans ces 3 films très terre à terre.
De même le ton du film Green Lantern n’a rien à voir avec celui du Dark Knight.
La série Arrow s’attache quand à elle à nous faire un Bruce Wayne bis.
Et le Man of steel de Snyder d’après les premières images n’a l’air de coller avec aucun des 3 univers…

3. Un projet concret?
En retard sur leur concurrent les studios Warner détenteur des droits DC réfléchissent à comment contrer l’implacable machine Marvel. Marvel qui a brillamment réussi à unifier son univers pour sortir son Avengers. Marvel qui sort tout ses films de super-héros à une vitesse défiant toute concurrence. Les films Marvel sont des succès au box office à chaque fois car on sait qu’il y a quelque-chose derrière, un autre film, des indices pour le prochain Avengers, sur les nouvelles adaptations… Une machine de guerre bien huilé qui fonctionne plus comme une série que comme une œuvre cinématographique.
En face Warner peine. Certes ses Batman ont été des succès. Mais le film Superman vient alors que la trilogie batman est terminé. Il aurait sans doute dû sortir en même temps que le Dark-Knight pour être dans les temps. Green Lantern est un échec commercial et artistique. Arrow est une série qui je pense s’arrêtera avant que le projet JLA soit concret.
Là ou Marvel avait tout planifié, la Warner avance à tâton, si bien que le film JLA est plus une possibilité qu’il se laisse qu’un projet vraiment concret et organisé.

4. La date.
Au point ou nous en sommes aujourd’hui, le film JLA ne sortirait pas avant au moins 5 ans s’il devait sortir. Pendant ce temps on se sera manger une trilogie Avengers, des reboots X-men, Spiderman… Les licences Marvel inondant le marché, il est possible que nous soyons rassasié de ces films dont la plupart sont sympathiques mais sans plus.
Ceci n’est certes qu’une hypothèse mais combien de temps l’âge d’or des super-héros au cinéma va-t-il encore durer? On commence déjà à sentir une lassitude dans un genre qui peine à se renouveler. Et dans ces conditions le projet JLA est en retard.

5. Une adaptation est elle nécessaire?
A cela je répondrais que non. Le cinéma n’est pas le comics-book. Et là ou réalisé un crossovers est facile dans un comics ou le lecteur est habitué à voir se mélanger les genres sans aucune cohérence, à accepter les incohérences ( ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi chaque fois que batman était un peu dans la merde il n’appelait pas des renforts de la JLA pour gagner du temps? Moi je me le demande tout le temps, amis à quoi bon un batman dans ce cas). Le grand public aura-t-il cette ouverture d’esprit? ne trouvera-t-il pas dérisoire de mettre un batman et un green arrow au milieu d’un combat entre Darkseid et Superman.
L’avantage des crossovers des comics c’est qu’ils sont souvent centré sur 2 ou 3 personnages voir un seul (Cf: flashpoint avec Flash; Green lantern pour Blackest Night…). Le cinéma ne peut pas se permettre d’écarter un héros plus qu’un autre et nous donne donc un produit calibré ou chacun des héros doit avoir une importance similaire.
Une adaptation n’a donc que peu de sens pour moi, elle serait juste un gros coup commercial.
Conclusion:
Juste avant la sortie de Man of Steel le film JLA emballe la toile, et oui il y a une référence à Gotham City dans Man of Steel…
Cependant on est encore loin d’un projet concret bien qu’il semble de plus en plus probable de jour en jour. Un travail monstreux attend alors celui qui héritera du projet car les différentes adaptations que l’ont a pu voir pour l’instant ne semble pas du tout appartenir au même univers.
PS; j’ai beaucoup apprécié le film Avengers de Whedon et j’adore la JLA. J’espère donc me tromper en écrivant cet article et que dans quelques années je publierais un article ” Comment Warner a réussi l’impossible”…
Pour ouvrir ce blog, rien de tel que de commencer avec l’une des plus grande scission idéologique du XXIème siècle. Je parle bien-sûr du reboot amazing spiderman sorti sur nos écrans l’été dernier.
Hey oui, quelques années seulement après la fin de la trilogie spiderman ( trilogie qui marquera l’histoire du cinéma et qui permis de rentrer dans “l’âge d’or des super-héros” au cinéma), sony détenteur des droits lance un reboot…
Étant un fan de la trilogie de Sam Raimi, je n’attendait pas grand chose du film de Marc Webb ( réalisateur de clips et de 500 jours ensemble), j’ai vu le film, je l’ai moyennement apprécié bien qu’il possède quelques qualité, il n’arrivait pas pour moi à la cheville du mythique Spiderman 2.
Nous voilà presque un an plus tard, je au rayon blueray avec mon meilleur ami ( geek), je lui montre le terrible amazing spiderman en lui lancant un ” t’as vu cette daube?”, il me répond ” bah il vaut celui de Raimi”, arrêt du temps, interloquage, fin du monde…
Le divorce idéologique est en place, le drame peut commencer.
S’en suit une argumentation ou chacun campe sur ses positions, il me dit que spiderman 2 et 3 sont des bouzes, que “Doc Oc’” contrôlé par ses tentacules c’est n’importe quoi. Je lui rétorque que le film de Marc Webb c’est champs-contre-champs-plan large. Il acquiesce et me dit que visuellement le film de Marc Webb n’est pas grandiose mais qu’il est plus fidèle au comics.
Et nous y voilà, débat du siècle qui rentrera dans l’histoire: la fidélité. La fidélité est-elle plus importante que le film en lui-même? Ah cela je répondrais que non. La fidélité n’existe pas réellement dans le monde des comics, les héros ne cessent de changer, se renouveller, les lignes temporelles évolue, les multiverses sont légions.
Prenons l’exemple de Green-lantern, personnage dont la mythologie a été complètement recréé dans les années 60, où l’on passe d’un Alan Scott héros Terre à Terre tenant ses pouvoirs de la magie, à un Hal Jordan héros intergalactique tenant ses pouvoirs des gardiens de l’univers.

Quelle rapport avec spiderman me direz-vous? Aucun, car pour green lantern il s’agit de 2 personnages différent, cependant ils sont homonymes.
Ceci montre que la fidélité dans le monde du comics n’existe pas, les choses se font, se défont, les lignes temporelles changent sans-cesse, les origines sont sans-cesse misent à jour. Et donc la fidélité au temps X, ne l’est plus au temps X+1.
Et donc le spiderman de Raimi très fidèle au personnage des années 60 n’est pas infidèle, c’est juste la vision qu’en avait le réalisateur à l’époque ou il était gamin. Les films de Raimi ont marché, les gens ont été touché, la plupart ne connaissant rien au comics.

Une mise à jour du héros est-elle alors nécessaire? Un héros plus ancré dans son époque comme celui du film de Marc Webb a-t-il sa place? Assurément oui. Toutes les visions d’un héros sont bonnes à prendre. Cependant le film souffre de l’omni-présence de son jeune ancêtre dans l’inconscient collectif. Et en voyant le film on ne peut s’empêcher de comparer chaque scène avec le précédent opus tant les histoires sont similaires. Pour imposer son film il aurait fallu complètement changer l’histoire, faire quelque chose de complètement inédit à la manière d’un X-men first class. Devant amazing spiderman nous assistons hélas à une redite du spiderman de raimi.
La scène qui illustre le mieux la similitude des 2 films est sans doute la mort de l’oncle Ben, qui dans le Raimi était choquante, émouvante, fondatrice de notre vision du héros et qui dans le Webb est juste un passage obligé.
Mais Peter Parker fait du skateboard et des vannes, alors tout va bien…
Raimi et Webb sont donc tout deux fidèles à une version du personnage, mais Raimi ne s’enferme pas dans la fidélité à tout pris pour créer de nouveaux enjeux dramatique tel un doc-oc’ victime de sa création.
Il y a un autre type de fidélité qui est ce que j’appellerais le décalquage du comics. Comme exemple nous avons le watchmen de Zack Snyder, le Sin City de Rodriguez… Ces films qui ne sont que des décalquages numériques du comics, mais qui n’apporte rien à l’œuvre original, ni au cinéma…
Il y a enfin l’infidèle camouflé.Celui-là est un malin, il n’est pas fidèle mais pour ne pas s’attiser les foudres de ceux pour qui l’adultère est un crime impardonnable, il leur offre des références à foison… Je parle bien-sûr de la trilogie Nolanienne. Nolan est-il fidèle à batman. Certes non mes amis. Il est proche d’une version du justicier qui est celle du Dark Night returns. Mais le dark night n’est pas batman. Mais là ou Nolan fait preuve d’une intelligence extrême c’est qu’il remplit ces films de clin d’œil à toute les sagas les plus marquantes du justicier dès qu’il devient infidèle. Et nous retrouvon ainsi dans the dark night des passages d’Un Long Halloween, ou de year one, et dans The dark night rises Nolan va encore plus loin en jouant avec nos connaissance de l’univers Batman, je pense notamment à la scène ou Raz’Al’Guld revient, le lecteur de comics que je suis à aussitôt pensé aux puits de Lazarre et à l’immortalité du chef de la Ligue des Ombres, mais il ne s’agissait que d’un rêve. Les clins d’œil à knightfall et au No man’s land permettent le pire outrage à Nolan s’en que personne ne s’offusque et oui le Robin qui s’appelle Robin ça n’a choqué que moi…
En conclusion je prêche l’infidélité dans le monde du comics comme dans ces adaptations… N’ayons pas peur de sortir des sentiers battus, de choquer le public connaisseur, de prendre des virages à 360° au milieu des films… Car vu le nombre de films de super-héros qui envahissent chaque année nos écrans seul les plus courageux et audacieux sauront s’inscrire dans l’histoire. Les autres seront jugé comme les produits marketing sans âme d’une époque où l’argent est maître sur l’art.